AER à Pompidou « Ça RÉchauffe » !!!
On me cache tout, on me dit rien ! Voilà la conclusion de ce que j’ai vus, écouté, ressentis lors du super concert/performance du collectif AER (Assembly of Experimental Research).
Le groupe en première partie de Pierre Hanot, qu’on ne présente plus, a bien fait monter la température dans l’auditorium du CPM et c’était pas gagné (il devait faire 17 degrés dans cette salle !!!) !
Un panneau vous accueille genre « public avertis only », ça sent bon la décadence et l’expérimentation:
La sauce prend tout en douceur et crescendo, Arno Hussenot à la guitare et Hervé au synthé prennent la parole, suivis de près par Lydie à la VJ, les deux danseuses, attendent; le décor est planté.
C’est parti pour 30 min de régal !
Sur l’écran défile un texte comme une litanie « God is dead… and anybody cares » (mais quel dieu?)
les danseuses énumèrent en chuchotant des noms d’artistes modernes. Je me dis c’est une bonne question ça tient !
Je ne sais plus trop où regarder les images s’enchaînent sur l’écran des logos: trombinoscope de notre temps en stroboscope et les filles se déchainent et se pelotent allègrement. On prend plein les dents la modernité c ’est ça !
La musique colle parfaitement le pic est bientôt atteint.
Une hystérie collective prend les 5 membres du groupes, les images et le son ne s’accompagnent plus mais sont complémentaires, au milieu les danseuses sont pris d’une énergie incroyable jusqu’à ce que Noria emballe Nathalie dans du cellophane noir!
Bref un très bon moment, j’ai beaucoup apprécier que tout soit très fluide; une demi heure ça peut être très long et lassant mais là c’était pile poil et très agréable à mon avis le grand plus de ce collectif est que chaque chose est importante, personne ne prend le pas sur l’autre, chaque univers définit est utile à la narration du concert et respecter par le voisin.
Alors maintenant AER vous ne me cachez plus rien !
Espace Clément Kieffer; nouvelle expo pour l’ouverture de saison
Pas d’exclusivité pour cette expo sinon le nom des artistes présents, notamment Claude Mallmann, Solange Bertrand, Jeannette et Remi Thiam. Donc il faut venir au vernissage ou encore mieux venir quand c’est payant pour soutenir l’asso
et devenir membre !
Pompidou Metz 1ère visite
Une expo pas comme les autres…
Ce matin levée très tôt pour aller à Pompidou-Metz, malgré moi je cède à la tentation de l’ouverture. Le centre ouvre ses portes à 11h nous voilà en dessous de ce grand chapeau à 10h15. Finalement je n’avais jamais pris le temps d’aller jusque là… L’architecture et la lumière vous en mettent déjà plein la vue !
Bon il fait pas très chaud mais notre enthousiasme et notre patience ne se laissent pas entamer surtout quand nous tournons la tête pour constater que la file a pris énormément d’ampleur !
11h : Les portes s’ouvrent, applaudissements devant nous, la file avance !
11h15 : Nous rentrons les gens nous sourient nous disent bienvenus, tous fiers de leur musée ! Je reste méfiante…
11h16 : Je lève les yeux : okay, okay ! Rien que ça, ça valait le coup d’attendre !
Je reste beaucoup le nez en l’air, tout est blanc.
Je suis une grande convaincue de Beaubourg Paris je trouve que l’exploit d’architecture fait à Metz est un peu occulté par cette grande voilure mais là au dessus de nous la toiture prend énormément de sens. J’avoue je suis assez séduite ! On se sent emballer dans une grande chrysalide rien n’est oppressant si ce n’est tout ce blanc !
11h20 : on nous demande de nous diriger soit vers la galerie 2 ou la 3, la 1ère étant pleine, nous décidons de prendre les escaliers, erreur c’est haut !
Galerie 2 :
Nous arrivons dans la galerie 2, un grand couloir noir vous accueille, quelques vidéos de process et les présentations des artistes dont les œuvres sont dans la galerie, bon, pourquoi pas ! L’espace est restreint et les gens se bousculent pour aller voir ce qu’on leur a promis : des « Chef d’œuvres ? » du coup la scénographie passe à la trappe !
Là enfilade des plus grands Lavier, Klein, Ernst (le « Capricorne » a été déboulonné de Paris !), Malevitch, Picasso, Picabia, Bellmer, Giacometti ! Tout le monde est ravi, je m’étonne : personne ne râle, en même temps c’est gratuit!
Bon, là, bien entendu le badaud ne peut être que séduit ! Mais je reste un peu surprise, la plupart des œuvres sont très connues voir ultra connues.
Continuons ; des maquettes des principaux musées d’arts modernes et contemporains à travers le temps, je crois bien qu’ils y étaient tous du moins les plus intéressant d’un point de vue archi.
Galerie 2, je crois que tu t’accuse de séduction totalement assumée, tu fais du pied à ceux et celles qui t’attendaient au tournant !
Galerie 3 : Alors là c’est pas tout à fait la même histoire !
Duchamps et son pote Man Ray sont là pour bien chatouiller les visiteurs. J’ai aussi été bluffée par une œuvre très technique de Patrick Neu (commandée par le CPM) en ailes d’abeilles.
Là les visiteurs sont un peu remués : la question « qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? » prend son sens. Les gardiens répondent avec le sourire aux questions des visiteurs peu habitués à l’exercice. L’étage 3 est un peu plus pointu mais on se régale quand même ! Les visiteurs sont moins conquis mais les œuvres restent très accessibles.
Galerie 1 :
L’espace s’ouvre directement sur une installation de Penone qui fleure bon le thym, je trouve que c’est très risqué de faire une telle entrée en matière mais finalement les gens qui m’entourent passent là comme dans un couloir pourtant l’oeuvre est très poignante.
Les grands classiques sont au RDV: Ben, Picasso (encore!). Je commence à me perdre sur ce que je vois tout ce mélange on m’en mets plein la vue ! Les grandes dames Louise Bourgeois et Vera Molnar sont présentes et donne un ton de solennité à tous ça, je sens quelques points d’interrogations dans l’assistance mais rien de bien méchant…
La Grande Nef :
Chefs d’oeuvres à travers le temps, on est accueilli par un écorché de Ligier Richier; la Nef se veut plus locale : Lorrain, Callot, Émile Friant… les lorrains sont ravis ! Le CPM mélange sans complexe des œuvres de Rodin et d’anonymes, pourquoi pas !
Dommage, je frise l’indigestion, trop de choses à voir. Je relève alors les yeux : de grands miroirs sont au plafond et du coup je vois les choses autrement, je m’amuse à voir les œuvres à l’envers.
Je décide de tenir le coup !
Delaunay, madame puis monsieur se disputent le grand mur de la Nef à côté d’eux, la tapisserie de Guernica (encore lui !) je trouve que cet accrochage ne rime à rien sinon d’en mettre plein la vue !
Nous ressortons 4 heures plus tard assez épatés quand même, j’achète un flip book à Jérémy. On traine un peu sur la terrasse, dommage il fait vraiment moche. Je fais le bilan si on remet tout dans l’ordre Grande Nef, Galerie 1, 2 et 3, je pense que le paris est gagné et Laurent Le Bon l’a fait très consciemment, certaine subtilités doivent échappées aux non initiés ( notamment la copie du chef d’œuvre) mais les essentiels sont là, c’est sans conteste un succès; il fallait taper fort !
Les gens retiendront « chefs d’œuvres » et oublieront vite le point d’interrogation.
Nous rentrons en encourageant les personnes qui attendent et ayant l’intention de revenir plus au calme.
J’imagine, tu imagines, imaginons…
J’ai proposé La neurasthénie pour les nuits blanches 2010, on ne sait jamais !
Pendant les parcours c’était vraiment très agréable d’entendre ces grandes voilures battre aux vents, un petit goût de bord de mer ; ca serait vraiment bien au mois d’octobre à Metz…
J’aimerai assez qu’elles soient accrochées très serrées, côte à côte, sur un pont, au dessus de l’eau, je diffuserai bien le son d’un port méditerranéen. Voilà imaginons.





